Alors que les États-Unis cherchent encore leur ligne sur la crypto, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) avance une proposition qui ne passe pas inaperçue : permettre aux marchés à terme enregistrés de proposer du trading spot de cryptoactifs, autrement dit, des échanges au comptant dans un cadre supervisé.
Une régulation du spot calquée sur les contrats à terme
L’idée serait d’adapter les mécanismes déjà existants pour les produits dérivés à la négociation directe de cryptos, en s’appuyant sur le statut de “commodity”, comme pour le pétrole ou l’or. Le tout dans un cadre encadré, avec des règles claires, des obligations de transparence et une surveillance effective.
Cette orientation prolonge les recommandations émises sous l’administration Trump, qui appelait à une meilleure coordination entre agences fédérales.
Caroline Pham, commissaire en poste à la CFTC, affirme que le dispositif peut être mis en œuvre rapidement. L’agence compte s’appuyer sur les structures déjà reconnues, comme les Designated Contract Markets (DCM), pour intégrer le marché spot crypto dans l’arsenal existant.
Consultation publique et concurrence réglementaire
En parallèle pour le trading crypto, la CFTC lance une consultation sur deux points sensibles : l’interprétation de l’article 2(c)(2)(D) du Commodity Exchange Act, qui concerne les transactions à effet de levier, et l’éventuelle extension de la partie 40 de son règlement aux actifs numériques.
Objectif affiché : limiter les dérives sur les plateformes non régulées, sans freiner pour autant les nouvelles initiatives. Mais cette avancée ravive une question récurrente. Où s’arrête la compétence de la CFTC, et où commence celle de la SEC ? Cette dernière continue de considérer de nombreux tokens comme des titres financiers, relevant de sa juridiction. Aucun arbitrage clair n’a été rendu à ce stade.
La démarche de la CFTC intervient dans un contexte institutionnel tendu. L’agence tourne au ralenti : seuls deux commissaires sont encore actifs, dont l’une, Kristin N. Johnson, s’apprête à quitter son poste. Plusieurs sièges restent vacants, et la nomination de Brian Quintenz est toujours bloquée.
Résultat, la régulation peine à suivre le rythme d’un secteur qui innove à marche forcée. Pendant que les régulateurs débattent des définitions, les acteurs du marché déploient des outils concrets, souvent sans attendre.
Snorter : Trading Bot IA sur les meme coins de Solana

C’est le cas de Snorter, un bot de trading automatisé accessible via Telegram, conçu pour agir sur la blockchain Solana. L’outil permet d’acheter des tokens dès leur lancement (sniping). Il propose des fonctions de protection contre les arnaques classiques (rugpulls, honeypots), et même du copy trading.
Ce n’est pas le premier du genre, mais l’exemple est parlant : des outils rapides, conçus pour capter les signaux faibles et offrir un avantage tactique aux utilisateurs, parfois en marge des règles établies. Ce type d’innovation, souvent porté par des communautés agiles, progresse bien plus vite que les cadres réglementaires censés l’encadrer.
Si elle va au bout, la proposition de la CFTC pourrait offrir une alternative crédible aux plateformes offshore, en proposant un accès régulé au marché spot. Mais elle arrive dans un paysage fragmenté, où les règles manquent encore de lisibilité.




