La Russie s’oriente vers une légalisation claire de l’usage de la crypto pour régler ses échanges internationaux. Ce glissement, amorcé par un régime expérimental en 2024, pourrait déboucher sur un cadre complet et des licences dès 2026, selon la Banque de Russie.
De l’expérimentation à la loi : ce qui change vraiment
Depuis le 1er septembre 2024, un “régime juridique expérimental” encadre déjà les paiements en crypto dans le commerce extérieur, sous contrôle de la Banque centrale. Autrement dit, certains acteurs du commerce international peuvent régler en actifs numériques, mais dans un périmètre strict et surveillé.
Mardi 28 octobre 2025, le premier vice-gouverneur Vladimir Chistyukhin a reconnu devant le Conseil de la Fédération que ces règlements restent marginaux. Les circuits bancaires alternatifs, comptes corresp., agences, compensations, suffisent encore à la plupart des entreprises. D’où sa ligne : tant que la zone reste “grise”, l’adoption restera tiède. Il faut donc une loi qui décrive précisément les règles AML/CFT et les procédures.
Le cap politique, lui, se précise. La Russie prépare un texte pour légaliser les règlements transfrontaliers en crypto au-delà du simple bac à sable. Plusieurs signaux pointent dans ce sens : volonté d’ouvrir la voie à des opérations limitées pour les banques et calendrier de normalisation accéléré.
Un calendrier sous pression, des garde-fous en vue
À Finopolis début octobre, Chistyukhin a évoqué un corpus législatif couvrant l’investissement crypto et un premier lot d’entreprises licenciées en 2026. Cette trajectoire, si elle se confirme, ferait passer la Russie du “test” au “durable”. Pour les institutions, l’enjeu est de clarifier qui peut faire quoi, et plafonner l’exposition au risque systémique.
Le message n’efface pas l’historique de prudence. En mars, le superviseur ne parlait d’ouverture qu’aux “investisseurs spécialement qualifiés” dans un cadre expérimental, maintenant l’interdiction d’usage domestique comme moyen de paiement. La distinction restera centrale avec usage interne (toujours verrouillé) versus règlements internationaux (en voie de normalisation).
La Russie a déjà recouru à la crypto pour contourner des goulets de paiement, notamment en fin 2024. La légalisation viendrait donc organiser une pratique éparse, plutôt que créer ex nihilo un nouveau rail. Ce passage à l’échelle ne se fera toutefois qu’avec des contrôles robustes et une interopérabilité bancaire minimale.
Mine-to-earn, P2E et capitaux frais : l’exemple Pepenode
Le marché repère, en parallèle, des projets qui captent l’humeur du moment avec utilité ludifiée, cash-flows programmés et tokenomics lisibles. Le jeu “mine-to-earn” PepeNode ($PEPENODE) illustre cette veine. Sa prévente vient d’atteindre 1,98 M$ levés, très proche du seuil symbolique des 2 M$, avec un prix actuel de 0,0011227 $ et un palier annoncé dans deux jours. Ces chiffres, affichés sur le site officiel, confirment l’engagement d’investisseurs précoces.
Le principe est simple, l’utilisateur assemble des nœuds virtuels, améliore ses salles de minage et optimise ses revenus passifs. On ne remplace pas le minage physique. On le transpose en stratégie de ressources, avec des incitations en chaîne (staking, bonus, progressions par étapes). Cette approche vise le public qui veut du jeu, des rendements, mais aussi des règles transparentes.

Contrairement au P2E de 2021, centré sur l’extraction puis la revente de récompenses, la boucle de valeur cherche ici la rétention et l’équilibre offre/demande. Et le segment P2E n’a pas disparu. En effet, il s’est normalisé. Les tableaux de bord Chainplay indiquent encore ~6,26 Md$ de capitalisation agrégée et ~634 M$ de volumes sur 24 h, preuve d’un socle de liquidité bien vivant pour les jetons “gaming”.
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Pour les entreprises comme pour les épargnants : quel mode d’emploi ?
Si la loi se matérialise en 2026, des exportateurs et importateurs russes pourraient contractualiser en crypto dans un cadre balisé. À court terme, l’impact prix sur les majors (BTC, ETH) restera modéré. L’usage restera ciblé, sur des corridors précis et des montants rationnés par la conformité. En revanche, l’annonce d’un cadre clair peut réduire le “risque titre” perçu par certaines contreparties.
La légalisation envisagée concerne les règlements transfrontaliers et des prestataires licenciés. Elle ne signifie ni paiement libre en magasin à Moscou, ni bénédiction sans condition pour les produits risqués. Ici, la Russie rejoint une tendance globale d’encadrer sans banaliser, ouvrir sans déréguler.
Quant à Pepenode, l’angle est différent. C’est un pari sectoriel, pas un tuyau de trade extérieur. Son intérêt potentiel vient de la clarté de son gameplay, de sa mécanique de prix par paliers et d’un timing où le minage virtuel regagne du terrain.




